La première étreinte : un atterrissage en douceur à YVR
En l’honneur de la Journée mondiale des réfugiés
C’est souvent au petit matin que les vols de réfugiés arrivent à l’aéroport international de Vancouver (YVR). Certains passagers transportent de petites valises. D’autres s’accrochent fermement à un seul objet, la seule chose qu’ils ont pu apporter de chez eux. Ils avancent prudemment. Ils cherchent du regard.
Et puis, quelque chose change.
Au bout du couloir reliant l’avion à l’aérogare, un son monte graduellement : un battement de tambour, un chant d’accueil. Les aînés Musqueam, suivant le protocole traditionnel. Ils lèvent les mains et envoient un message sans paroles : « vous êtes en sécurité maintenant, vous êtes à la maison ».
Certains nouveaux arrivants s’arrêtent. Certains poussent un soupir. D’autres posent une main sur leur cœur ou pleurent de joie. À ce moment, l’inconnu commence à devenir moins effrayant.
Chaque année, des demandeurs d’asile arrivent en Colombie-Britannique, chacun avec une histoire façonnée par le déplacement forcé, les conflits ou la persécution. Certains fuient la guerre. D’autres échappent aux menaces liées à leurs croyances, leur identité ou leur vie amoureuse.
Leur voyage ne s’arrête pas à la porte. Il débute à nouveau.
À YVR, ce moment d’arrivée est traité avec soin. En partenariat avec la communauté Musqueam, S.U.C.C.E.S.S., un organisme à but non lucratif qui soutient les nouveaux arrivants au Canada depuis plus de 50 ans, et de nombreuses autres organisations, l’aéroport devient un lieu de nouvelles premières : premiers repas, premières directions, premières embrassades.
L’accueil des réfugiés est plus qu’un service; c’est le reflet de notre identité. Ancré dans nos engagements d’inclusion, de dignité et de communauté, notre objectif à YVR est de servir les personnes qui passent par notre aérogare. Les arrivées de réfugiés sont l’une des expressions les plus évidentes de cet objectif en action.
Histoires d’arrivée
« À 50 ans, je n’aurais jamais imaginé devoir faire quelque chose comme ça », raconte O., qui est arrivé seul à YVR. « Je n’avais presque pas d’argent et nulle part où dormir. Quand l’agent d’immigration m’a parlé de S.U.C.C.E.S.S., je suis monté les trouver. Dès que j’ai vu leur visage, j’ai pleuré. Ils m’ont écouté, ils m’ont aidée à trouver un toit. Ce jour-là, j’ai recommencé à avoir de l’espoir. Cette accolade, quand quelqu’un m’a pris dans ses bras et m’a dit que je n’étais pas seul, c’est un moment que je n’oublierai jamais. »
Pour J., arrivée avec sa famille de six personnes, l’accueil a été transformateur.
« Nous étions nerveux et ne savions pas à quoi nous attendre », mentionne-t-elle. « Mais dès que nous avons vu le personnel de l’aéroport et les gens de S.U.C.C.E.S.S., nous avons ressenti un énorme soulagement. »
Elle se rappelle particulièrement lorsqu’un membre du personnel de YVR s’est approché avec un fauteuil roulant pour sa mère.
« C’est à ce moment-là que j’ai compris que nous étions en lieu sûr. Tout le monde était si gentil. Ils nous ont guidés, nous ont parlé avec compassion et nous ont donné la confiance nécessaire pour passer à l’étape suivante. »
« Ces services ne sont pas seulement utiles, ils changent des vies. Ils apportent réconfort, espoir et sentiment d’appartenance aux familles qui se sentent perdues. Un accueil chaleureux peut donner à quelqu’un la force de recommencer. »
Un accueil ancré dans la terre
L’accueil commence bien avant la nourriture ou l’abri – il commence par la terre, et par ceux qui s’en occupent depuis des temps immémoriaux.
YVR est situé sur le territoire traditionnel non cédé du peuple Musqueam. Pour les Musqueam, l’accueil des nouveaux arrivants n’est pas seulement un protocole, c’est un acte de continuité.
« À l’arrivée des vols de réfugiés, nous nous rassemblons à la porte d’embarquement », explique Mary Point, directrice des relations avec les Autochtones et membre de la Nation Musqueam. « Nous jouons du tambour, nous chantons et nous levons les mains en guise de bienvenue. Aucun mot n’est prononcé, mais à travers ce protocole, nous disons : vous êtes en sécurité maintenant, vous êtes libre. C’est un nouveau départ. »
En coulisses : souci du détail
La coordination de ces arrivées nécessite une logistique complexe. De l’assignation des portes à la gestion du transport terrestre, l’équipe des opérations de YVR veille à ce que tout se déroule bien.
« Notre travail consiste à rassembler tout le monde, à l’interne et à l’externe, afin de créer un accueil sécuritaire et respectueux », explique Adriana Unger, spécialiste des opérations, préparation des aérogares. « Il faut coordonner les horaires des portes d’embarquement, aménager des zones d’orientation, prévoir du personnel d’orientation et aider au transport hors de l’aérogare. C’est un effort collectif. »
Pour Adriana et ses collègues, ces moments rappellent avec force l’aspect humain des opérations aéroportuaires.
« Soutenir ces vols nous permet de réfléchir au rôle que nous jouons dans la vie des gens. C’est un privilège de faire partie de la première journée de quelqu’un au Canada. »
Un réseau de soutien
Au cœur de cet accueil se trouve S.U.C.C.E.S.S., dont l’équipe de YVR fournit non seulement de l’aide pratique, comme de la nourriture, de l’orientation et de l’hébergement temporaire, mais aussi quelque chose d’encore plus puissant : des liens humains.
« Notre mission à S.U.C.C.E.S.S. consiste à aider les gens à réussir à chaque étape de leur parcours au Canada », a déclaré Queenie Choo, cheffe de la direction de S.U.C.C.E.S.S. « Dans le cadre de notre travail, nous avons mis sur pied notre programme de Réseau communautaire des nouveaux arrivants à l’aéroport (C.A.N.N.) à YVR en 1992, afin de nous assurer qu’il y ait toujours un visage accueillant et une main tendue pour les nouveaux arrivants qui recommencent courageusement leur vie à Vancouver. Depuis, notre personnel de C.A.N.N. a aidé plus de 1,1 million de nouveaux immigrants et réfugiés à arriver ici et à passer leurs premiers jours avec plus de confiance et de confort. »
Un engagement commun
Un bon accueil, c’est puissant. Qu’il s’agisse du rythme soutenu d’un tambour Musqueam, d’un repas chaud offert par un travailleur de soutien ou d’un fauteuil roulant apporté gentiment, ces gestes marquent les gens.
Ils offrent plus qu’une aide. Ils rassurent. Ils marquent le début d’un nouveau chapitre : un premier souffle en sécurité, un moment de connexion humaine, un aperçu des possibilités.
À YVR, nous croyons que ces gestes de soin, pris ensemble, sont une sorte d’étreinte. Une étreinte qui dit : vous êtes en sécurité, vous êtes vu, vous n’êtes pas seul.
En collaboration avec la communauté Musqueam, l’organisme S.U.C.C.E.S.S., nos équipes des opérations et d’innombrables partenaires communautaires, nous continuerons d’accueillir les gens. Parce que chaque personne mérite d’arriver non seulement dans un nouveau pays, mais dans une ambiance de sécurité, de dignité et d’espoir.